Prier Chaf et Witr après tarawih : méthode détaillée et dua

Le chaf et witr constituent les trois derniers rakats de la prière nocturne. Ils clôturent le tarawih et ne se répètent pas au cours de la même nuit. Comprendre leur structure précise, les sourates à réciter et les dua qui les accompagnent est nécessaire pour les accomplir correctement, que ce soit en mosquée derrière l’imam ou seul chez soi.

Structure du chaf et du witr : deux entités distinctes

Le chaf correspond à deux rakats accomplis ensemble, avec un salam à la fin. Le witr est un rakat unique qui suit immédiatement. Ces trois unités forment un ensemble cohérent mais techniquement séparable, ce qui a des implications pratiques importantes.

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Dans le premier rakat du chaf, il est recommandé de réciter la sourate Al-A’la (n°87) après la Fatiha. Dans le second rakat, la sourate Al-Kafiroun (n°109). Pour le rakat du witr, la sourate Al-Ikhlas (n°112) est prescrite par la Sunna, rapportée par Oubay ibn Ka’b et authentifiée dans les Sounan de Nasai.

Cette répartition des sourates n’est pas une simple recommandation esthétique : elle correspond à une pratique transmise directement du Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) et constitue la forme la plus solide à suivre.

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Le qunoût dans le witr : placement et formule

Le qunoût se place avant le ruku’ selon certains savants, après selon d’autres, mais la pratique rapportée par Nasai précise qu’il intervenait avant l’inclinaison. Les deux positions sont valides selon les écoles.

La formule du qunoût la plus couramment transmise est celle enseignée par le Prophète à Al-Hasan ibn Ali :

« Allahumma-hdini fi man hadayta, wa ‘afini fi man ‘afayta, wa tawallani fi man tawallayta, wa barik li fi ma a’tayta, wa qini sharra ma qadayta, fa-innaka taqdi wa la yuqda ‘alayk, wa innahu la yadhillu man walayta, tabarakta rabbana wa ta’alayt. »

À la fin du witr, une fois le salam donné, il est recommandé de dire trois fois « Subhana-l-Maliki-l-Quddous » en élevant la voix à la troisième répétition, conformément au même hadith rapporté par Nasai.

Rangée d'hommes en prière du soir dans une mosquée lors des prières de Chaf et Witr après le tarawih du Ramadan

Ne pas répéter le witr si on souhaite prier après l’imam

Une situation fréquente en Ramadan : l’imam termine le tarawih avec le chaf et le witr, et certains fidèles souhaitent continuer à prier seuls. Le witr ne se répète pas deux fois dans la même nuit.

Si l’on a prié le witr derrière l’imam, on peut ensuite accomplir des rakats supplémentaires par deux, sans clôturer à nouveau par un witr. Le Prophète a dit : « Il n’y a pas deux witr dans une même nuit. » Ce principe est rapporté et mis en application par islamqa.info dans sa réponse à la question 38400, s’appuyant sur l’avis de cheikh Ibn Baz.

Concrètement : si l’imam a terminé son witr et que l’on désire encore prier, on prie deux par deux et on s’arrête sans witr final. La nuit reste correctement close par le premier witr accompli en congrégation.

Rejoindre l’imam en retard ou achever ses prières après lui

Deux cas se présentent régulièrement :

  • Rejoindre l’imam pendant le chaf ou le witr : on complète les rakats manquants seul après le salam de l’imam, selon la règle habituelle du masbouq. Si l’on a raté le premier rakat du chaf, on l’accomplit seul après le salam. Si l’on a raté les deux rakats du chaf et qu’on rejoint uniquement pour le witr, on accomplit le chaf seul en premier, puis le witr, pour respecter l’ordre de la Sunna.
  • Achever ses propres prières nocturnes après que l’imam a donné le salam : si l’on a commencé le tarawih individuellement et n’a pas encore fait le chaf et le witr, on les accomplit seul dans l’ordre habituel. La question de la répétition ne se pose pas ici, car on n’a pas encore prié le witr.

Dans les deux cas, l’ordre chaf puis witr reste impératif. Ne pas inverser, ne pas fusionner en un seul rakat sans avoir fait le chaf au préalable.

Intention et niyyah pour le chaf et le witr

L’intention se forme dans le coeur sans être prononcée à voix haute : niyyah pour deux rakats de chaf (sunnah mu’akkadah), puis niyyah pour un rakat de witr. La formulation verbale de la niyyah n’est pas une condition de validité selon la majorité des savants.

Pour celui qui prie le tarawih en congrégation avec l’intention de ne pas faire le witr derrière l’imam, il peut former l’intention de prier le chaf et le witr seul plus tard dans la nuit. Cette pratique est licite, à condition de ne pas rompre volontairement la prière avec l’imam sans motif valable dès lors qu’on a suivi les premiers rakats.

Dua recommandés après le witr

Une fois le salam donné et les trois « Subhana-l-Maliki-l-Quddous » récités, les invocations suivantes sont pratiquées par de nombreux savants, même si leur transmission varie en degré :

  • Istighfar trois fois : « Astaghfirullah » après le salam, pour clore la prière par une demande de pardon.
  • La formule « La ilaha illa Allah, wahdahu la sharika lah, lahu-l-mulku wa lahu-l-hamd, wa huwa ‘ala kulli shay’in qadir » une fois, recommandée après certaines prières.
  • Des invocations personnelles en langue arabe ou dans sa propre langue, le witr étant un moment particulièrement propice à la supplication sincère.

Le witr de la nuit de Ramadan est l’une des occasions où la dua est la plus susceptible d’être exaucée. Y consacrer quelques instants supplémentaires, notamment lors des dix dernières nuits, correspond à une pratique bien établie dans la tradition prophétique.

L’essentiel reste de ne pas fragmenter l’ensemble chaf-witr, de respecter l’ordre des sourates quand on le peut, et de ne jamais doubler le witr au cours de la même nuit, quelle que soit la situation.